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Coopération France-Colombie : accompagnement pédagogique



Les 4, 5 et 6 avril derniers, les premières sessions d’accompagnement pédagogique de 2018 ont été effectuées à la Maison Familiale Rurale de Crolles et à l’Institut Technique Santo Tomas de Zapatoca. Les représentations mentales du monde et des territoires étaient la thématique centrale de ces premières séances. Dans la continuité du programme pédagogique de 2017, basée sur la déconstruction des préjugés, le programme de 2018 encourage les jeunes français et colombiens à questionner leurs représentations et à prendre du recul vis-à-vis de ces dernières, afin de s’ouvrir à des regards alternatifs sur le monde, plus conscients, citoyens et solidaires.

Chaque Ă©quipe pĂ©dagogique a dĂ©clinĂ© librement la thĂ©matique auprès des groupes de jeunes. En France, les intervenant·e·s de l’École de la Paix ont principalement utilisĂ© la cartographie pour prĂ©senter aux jeunes la pluralitĂ© des visions du monde. De la projection classique de Mercator, Ă  la carte du CCFD-Terre Solidaire mĂ©langeant les projections de Peters et de Mac Arthur, Ă  des cartes rĂ©alisĂ©es Ă  la main par des migrants ou encore un peuple indigène de l’Amazonie brĂ©silienne ; les jeunes ont essayĂ© de « faire un pas de cĂ´tĂ© » pour s’ouvrir Ă  d’autres points de vue. La notion d’ethnocentrisme, abordĂ©e en 2017 lors des sessions comme lors du voyage de septembre Ă  Zapatoca, a rĂ©Ă©mergĂ© dans les Ă©changes avec les jeunes de la MFR. DĂ©jĂ  en 2017, il n’était pas aisĂ© pour les jeunes de se dĂ©faire de leurs prĂ©jugĂ©s concernant la Colombie. En 2018, ce sont des reprĂ©sentations plus vastes du monde que l’on a tentĂ© d’interroger. Pas Ă©vident de questionner nos habitudes, notamment cartographiques, oĂą l’on place spontanĂ©ment l’Europe au centre et au « Nord » tandis que l’Afrique et l’AmĂ©rique latine sont « en bas » et bien moins grandes que dans la rĂ©alité… En discutant, observant, dĂ©bâtant, bougeant dans la classe, les jeunes de la MFR ont su tirer des conclusions riches : « les cartes et nos visions du monde dĂ©coulent de nos habitudes et de notre Ă©ducation  » ; « elles dĂ©pendent du message qu’on veut transmettre » ; « si un Colombien avait fait cet exercice il n’aurait pas apportĂ© les mĂŞmes rĂ©ponses » ; « Ă§a nous permet de comprendre comment on reprĂ©sente les autres et leurs territoires »â€¦ C’est souvent Ă  travers « nous », notre culture et nos valeurs que l’on voit et reprĂ©sente l’Autre. Les jeunes ont rĂ©ussi Ă  percevoir et ressentir que, lorsque l’on reprĂ©sente l’altĂ©ritĂ©, nous faisons des choix, personnels, culturels, Ă©conomiques… Il n’y a pas de reprĂ©sentation (cartographique ou autre) du monde qui soit entièrement juste, figĂ©e et universelle. Les jeunes ont pu saisir la centralitĂ© de la subjectivitĂ© et de la relativitĂ© qui Ă©manent des reprĂ©sentations mentales de Tous et Toutes. Des Français·e·s comme des Colombien·ne·s !! Les prochaines sessions seront rĂ©alisĂ©es dĂ©but mai. Le voyage-retour pour accueillir les jeunes Colombien·ne·s est toujours en prĂ©paration. N’hĂ©sitez pas Ă  en suivre l’actualitĂ© et Ă  participer Ă  sa rĂ©alisation :

Des Alpes aux Andes, les jeunes coopèrent